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Journée mondiale du chimpanzé : Herman Matabaro (Terra Action) appelle à l’implication de tous pour protéger son habitat, le PNKB

Face aux défis actuels et à l’instabilité sécuritaire, la préservation du Parc National de Kahuzi-Biega (PNKB) et de ses espèces emblématiques, comme le chimpanzé, reste un impératif vital. Climat, économie locale, santé publique : Herman Matabaro, chargé de monitoring chez l’ONG Terra Action Sarl, nous explique pourquoi la sauvegarde de cet écosystème est une affaire de survie pour nous tous.

Le chimpanzé : un architecte de la forêt et un miroir de l’homme

Le chimpanzé n’est pas un simple habitant de la forêt ; il en est le véritable jardinier. En se déplaçant pour se nourrir, il joue un rôle irremplaçable dans l’équilibre écologique de la région.

« Le chimpanzé contribue activement à la régénération de notre forêt grâce à ses déjections. Celles-ci contiennent les graines des fruits qu’il a consommés, permettant ainsi de semer naturellement de futurs arbres à travers la forêt », explique Herman Matabaro.

Au-delà de son rôle écologique crucial, cet animal est le plus proche cousin de l’homme, avec qui il partage près de 98 % de son ADN. Cette proximité biologique unique fait de lui un allié historique pour la science et la médecine humaine, de nombreux traitements ayant été développés grâce à l’étude des primates.

Pour Herman Matabaro, le protéger est un devoir moral autant qu’un acte de préservation globale :

« C’est l’animal que nous devons protéger en priorité. En veillant sur lui, nous nous protégeons nous-mêmes, tout en sauvegardant les autres espèces qui partagent son habitat forestier. »

Ne détruisons pas le Parc de Kahuzi-Biega : un effet domino destructeur

Pour le chargé de monitoring de Terra Action Sarl, continuer à dégrader le PNKB revient à enclencher une réaction en chaîne catastrophique. Les premières victimes de la déforestation et du braconnage sont évidemment les animaux phares du parc : les chimpanzés, les gorilles de Grauer, ou encore les éléphants de forêt.

Mais le désastre ne s’arrête pas là. Sur le plan économique, la disparition de la faune sauvage détruira le secteur touristique de la région :

« Si nous détruisons le parc, nous n’aurons plus de visiteurs. Les touristes ne viendront plus si ces animaux finissent par disparaître », prévient-il.

Sur le plan humain, les conséquences directes d’une telle destruction seraient dramatiques pour les populations riveraines notamment la déforestation massive qui entraîne un dérèglement des saisons dans la région de Kahuzi-Biega, provoquant une baisse des pluies et l’assèchement progressif des rivières.

Chute de la production agricole car Sans un climat régulé, les cultures tout autour du parc et dans les zones environnantes risquent de s’effondrer.

Egalement les Crises sanitaires accrues qui occasionne la destruction des barrières naturelles favorise l’apparition de nouvelles maladies.

« Une fois que le parc aura disparu, nous suivrons inévitablement le même chemin. Des maladies jusqu’alors contenues dans la forêt vont se développer et se propager au sein de nos communautés. »

La guerre est passagère, les conséquences écologiques sont éternelles

Pour conclure, Herman Matabaro lance un appel vibrant à la responsabilité collective. Face à l’instabilité sécuritaire et aux conflits armés qui touchent la région, il rappelle que la crise actuelle ne doit en aucun cas servir de prétexte à la destruction du parc. La guerre est un fait historique passager, tandis qu’un désastre écologique est irréversible.

« Si nous détruisons le parc à cause de la guerre, nous n’aurons plus jamais la possibilité de restaurer ce que nous dégradons aujourd’hui une fois la paix revenue. Nos enfants et les générations futures en subiront les conséquences directes. C’est pourquoi sa destruction est tout simplement inadmissible. »

Rappelons que les écosystèmes du Parc National de Kahuzi-Biega sont de véritables moteurs économiques durables pour l’est de la République Démocratique du Congo. Protéger le chimpanzé et son habitat aujourd’hui, c’est garantir les ressources, la santé et l’économie de demain.

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